Frédéric Truskolaski : du porno dans des magazines pour enfants

wtf-what-the-fuck-meme-winnie-poohC’est l’histoire d’un mec qui éditait des magazines et qui les vendait. Il avait une drôle de façon de faire, le gars, et puis il avait aussi une drôle d’éthique : rémunération non déclarée, stagiaires utilisés en lieu et place des salariés, manoeuvres d’intimidation sous forme de menaces, création « compulsive » de magazines avec des méthodes relevant de l’arnaque comptable, salariale et déontologique

Bref, Frédéric Truskolaski, c’est le gars qui avait trouvé le bon filon pour se remplir les poches en dépensant un minimum de fric, même si ça suppose de contourner la loi pour y parvenir.

Gracieusement qualifié « d’éditeur low cost » par Stratégies, le bonhomme a tout de même suivi son chemin, mine de rien, sans être particulièrement tracassé.

Ceci explique peut-être pourquoi, à l’occasion du lancement de « Planète Stars », dont il est le bienheureux taulier, il soit tranquillement passé à la vitesse supérieure, côté rentabilité.

Vous connaissez Planète Stars ? C’est un de ces magazines « pré-féminins », qui cible les gamines entre 9 et 14 ans, en gros. Très people, très froufrous, très potins de stars version Disney Channel, avec des couleurs pastels,  du rose fuchsia, et des posters détachables de héros de séries ou de chanteurs, en mode teenagers romantiques…

C’est le genre de magazine qu’on peut parfois acheter, avec réticence, à nos gosses, vu qu’entre 4 et 6 € le numéro on trouve ça cher et surtout bien concon, mais on cède parce qu’une fois de temps en temps, allez, c’est pas si grave. Et même si on trouve le contenu pas futé, ultra formaté et bien trop pailleté, on se dit que bon, après tout. Ok, prends-le. Mais c’est exceptionnel hein, tu n’en auras pas d’autre avant le mois prochain, d’accord ?

Pas de quoi s’affoler, donc, quand on est mère d’une gamine qui insiste avec des yeux pleins d’étoiles pour avoir ABSOLUMENT ce SUPER numéro de Planète Stars consacré à Violetta, l’héroïne de sa série PRÉFÉRÉE, steuplé maman, alleeeeez, steuplé, j’adore trop Violetta, dis-oui maman, c’est oui ? Oui ? J’t’adoooooooore merciiiiiiii c’est trop trop cool.

En revanche, quand la gosse revient avec le magazine dans la main, un peu après, en disant : « M’man, y a des trucs bizarres dans mon magazine », et que la mère découvre, sidérée, que les annonces publicitaires insérées en pleine page dans le magazine proposent aux petites lectrices d’envoyer un sms à un numéro de 6 chiffres pour que des femmes « très chaudes » te punissent à grand renfort de « cuir et de latex », il y a de quoi collapser légèrement. Idem pour la promesse dénudée de la part de ces femmes qui « te font la totale ».

Et quand la mère regarde de plus près, et constate que ce n’est ni une erreur, ni un dérapage de l’imprimeur, mais une véritable insertion multiple d’annonces pornographiques (avec l’avertissement indiquant aux mineurs qu’il faut demander la permission des parents, ce qui semble raisonnable quand il s’agit, alors qu’on a 10 ans, de se faire sexuellement châtier par une dominatrice armée d’un fouet), on peut comprendre qu’elle se sente légèrement crispée.

Frédéric Truskolaski a donc fait très fort : éditer un magazine pour enfants en y collant des annonces pornos, vraiment, il fallait oser.

Pour jeter un oeil, on peut cliquer ici, et . À ce jour, on ne trouve plus l’exemplaire consacré à Violetta et contenant des annonces pornos. Le numéro suivant est un kiosque, Truskolaski est bien au chaud, le journalisme ronronne dans son cocon, et il y a fort à parier qu’une fois de plus, comme quand on dénonce l’apologie de la pédophilie, au mieux on passe pour puritaine, au pire on est menacée de poursuites judiciaires.