Insupportable Facebook : petit guide d’autodéfense et de protection d’autrui

Fuck+facebook+wall_00a307_4744060Facebook est omniprésent, omniscient, omnichiant. La présence de vos liens Facebook sur vos stickers, flyers, jaquettes, forums et même dans vos mails est insupportable. Toutes ces mentions fonctionnent comme autant d’impacts publicitaires pour cette marque américaine, multinationale de la vente de données personnelles, source illimitée d’informations pour toutes les polices du monde, et parasite social qui transforme les internautes en clientèle zombie du like.

Reprenons.

Ce que signifie être actif sur Facebook, poumon du système publicitaire et outil de fichage policier

Facebook est à la fois le poumon du système publicitaire sur internet et une source de renseignements fabuleuse pour tous les services de police de la planète.

Facebook est en effet une immense source de carburant pour le système publicitaire. Faut-il répéter que le système publicitaire est un système fasciste ? Oui, de toute évidence il le faut.

Relisons ensemble quelques extraits du Manifeste contre la pub :

« […] La publicité propage des idéologies néfastes : sexisme, ethnocentrisme, culte de l’apparence, compétition, violence, en une escalade sans but et sans fin. Elle n’hésite pas à jouer sur nos pulsions animales, nos souffrances et nos frustrations pour nous vendre cette recette trompeuse qu’est le bonheur par la seule consommation. La publicité génère la violence chez ceux qui sont exclus de tous les biens dont elle dicte l’achat pour acquérir le bonheur.

Elle provoque la frustration de ceux qui ne peuvent acheter parce qu’un produit ne tiendra jamais cette promesse là… et des complexes en terme d’image de soi face à ses modèles. Son seul objectif est de pousser à la consommation au mépris des réalités humaines, écologiques, et sociales.
[…]
Seuls ceux qui ont de l’argent peuvent l’utiliser. Dans ce système, une grosse entreprise peut se doter d’une image positive et vendeuse même si elle a des mauvais produits à vendre et un comportement irresponsable. Au contraire, un petit producteur aux procédés éthiques se retrouve noyé, faute de moyens…
[…]
La publicité crée de faux besoins et provoque des dépenses inutiles et le surendettement.
[…] »

Vous trouvez que c’est pertinent ? Vous avez raison. Alors pourquoi alimentez-vous ce système ? Pourquoi donnez-vous consciemment et délibérément vos données personnelles à des entreprises comme Facebook (ou Google), qui se nourrissent de ces données et de votre temps de cerveau disponible ? Tout ce que vous faites sur Facebook alimente des fichiers, qui nourrissent le système publicitaire.

Dans un petit livre efficace, De la misère humaine en milieu publicitaire, le groupe Marcuse écrivait :

« Le système publicitaire […] est d’autant plus totalitaire qu’il absorbe même ce qui le dénonce. Comme le dit Paul Ariès, ‘la publicité a tué l’esprit de révolte après avoir asséché l’imaginaire’. Elle a rendu la rébellion rentable : en proposant à la jeunesse d’en consommer le simulacre marchand, elle l’a intégrée au système. »

Être actif sur Facebook, c'est donc alimenter le système publicitaire. Un système totalitaire, sexiste, discriminatoire, qui pousse au surendettement, tue l'esprit de révolte et lave les cerveaux.

Être actif sur Facebook, c’est alimenter le système publicitaire. Un système totalitaire, sexiste, discriminatoire, qui pousse au surendettement, tue l’esprit de révolte et lave les cerveaux.

Mais être actif sur Facebook, c’est également alimenter des fichiers qui seront utilisés, analysés, et passés au peigne fin par toutes les polices du monde. Les révélations de Snowden dans l’affaire « Prism » ne laissent plus aucun doute là dessus. Et si Facebook et la NSA rechignent à donner les informations sur les opposants de certains régimes, c’est pas grave, comme l’expliquait Kitetoa en 2011 chez Reflets info :

« […] Le printemps arabe nous a montré que les dictateurs aiment beaucoup les réseaux sociaux. Au point de torturer des gens pour obtenir leurs codes d’accès et retracer leurs contacts. Mieux, les dictateurs en viennent à détourner le trafic Internet des opposants pour récolter leurs informations liées à leur activité sur ces réseaux. […] »

Les réseaux sociaux permettent de tout savoir (ou de le déduire facilement) : ton âge, ton sexe, ton genre, ton orientation sexuelle, tes hobbys, tes affinités idéologiques, ton obédience religieuse, ton appartenance à tel ou tel syndicat. Alors certes, aujourd’hui on ne fait plus la chasse aux homosexuels, aux juifs, aux communistes.

Enfin, pas chez nous.

Enfin, plus maintenant.

Enfin… pas encore.

A6

Résiste… Et si tu ne veux pas résister, protège-moi de toi

Tout activiste politique, religieux, associatif présent sur Facebook est donc un danger. Un danger pour lui-même mais surtout pour tous ceux qu’il fréquente et tous ceux qui entrent en contact avec lui.

Alors.

Tu n’as pas envie de participer au système publicitaire totalitaire : quitte Facebook.

Tu n’as pas envie d’alimenter des fichiers de police avec tes propres données mais aussi avec les données des gens qui te côtoient : quitte Facebook.

En revanche, si tout cela te passe au-dessus de la tête, si tu t’en fiches de participer activement au système flico-publicitaire, si laver ton cerveau et celui de tes camarades t’est totalement indifférent,  je ne peux rien faire pour toi  mais s’il te plaît, laisse ma vie privée tranquille, ne cherche pas à me ficher, ne cherche pas à me faire entrer dans les filets du système publicitaire. C’est suffisamment difficile d’échapper à tout cela par ailleurs, je n’ai vraiment pas besoin que tu cherches à m’y attirer.

Si tu ne veux pas quitter Facebook, fais au moins en sorte de protéger ceux qui y échappent, de les protéger de toi, de ton activité. Évite d’attirer ceux-ci vers ta page, évite de les inciter à s’inscrire.

Si tu représentes un groupe de musique, une orga politique, une association militante ou non, fais en sorte de ne pas attirer de nouveaux membres dans les filets de FB :

  • Ne propage pas de liens vers ta page FB sur les forums.
  • Ne mentionne pas ta page FB sur ton matériel de propagande (flyers, stickers..)
  • Ne propage pas de « facebook events », il existe d’autres agendas (demosphere, razibus, pariskiwi) pour diffuser ce type d’information.
  • Quand tu écris un mail, assure-toi que le destinataire est bien sur FB avant de lui envoyer un lien FB.

Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais sache qu’un non-inscrit qui suit un lien Facebook tombera à un moment ou un autre sur l’impossibilité d’accomplir une action s’il n’en devient pas membre. En ce sens, ton lien fonctionne bien comme un hameçon qui fera tomber de nouveaux poissons dans l’escarcelle du géant américain.

Dans la même logique :

si tu as un vrai site web, évite de le polluer avec des logos de marques, des trackers espions, et des liens-hameçons. Si tu suis ces quelques règles alors nous, les non-inscrits qui ne souhaitons pas être fichés ni revendus à coca-cola, nous t’en serons reconnaissants :

  •  N’affiche pas de logos de marques. Facebook(c), Twitter(c), Google(c), Bandcamp(c)… Ce sont autant de marques (le plus souvent de multinationales américaines), qui ont leurs propres logos, leurs propres visuels. Les afficher revient à transformer gratuitement ton propre site web en panneau publicitaire. Visuellement ça casse l’ambiance de ton site, mais surtout il ne faut pas négliger l’impact des ces logos qui, imposés à longueur de temps, rendent les marques incontournables, évidentes. Cette publicité ambiante participe à renforcer l’imprégnation dans nos esprits des marques dominantes et à réduire à néant toute tentative de création d’alternatives.
  • Ne mets pas de boutons « like ». Ni aucun autre bouton du même type. Ce sont des « trackers », des « web-bugs », des petits logiciels espions qui fliquent tous tes visiteurs. Peu importe que l’on clique ou non dessus, ces logiciels sont activés au chargement de la page. Avec un bouton « like », tu alimentes les fichiers de FB avec les données de tes visiteurs (sans leur consentement bien sûr).
  • Éventuellement, indique ta présence sur Facebook(c) sur une page « contact », sans logo. Si tu ne peux pas résister à l’envie d’indiquer à tes visiteurs que tu es sur Facebook(c), Twitter(c) ou autre site de vente de données personnelles (faut-il le rappeler, tu n’es pas client de FB, ses clients ce sont les régies publicitaires qui achètent les données personnelles et les encarts sur ta page), alors il convient de le faire de la manière la moins ostensible possible. Fais de ta présence sur FB est une information équivalente à ton adresse mail ou ton numéro de téléphone. Réduis cette présence à un moyen d’entrer en contact avec toi comme un autre.
  • Utilise FB pour attirer les gens vers ton site web, et non l’inverse. Évidemment c’est un choix éthique (et/ou politique), mais le site que tu vas choisir d’alimenter en premier va déterminer ton positionnement vis-à-vis du système publicitaire, vis-à-vis de la protection des données personnelles de tes amis et des tes visiteurs. Si tu choisis de faire vivre ta page Facebook(c) en priorité avec tout ce que cela sous-entend et qui a déjà été évoqué, alors je ne peux que te conseiller de réfléchir à nouveau à ce comportement. Faire vivre en priorité une page Facebook(c), cela revient à vouloir y attirer ton public, tes amis et aucun discours, aucune tactique de subversion ne peut justifier cela. Si tu fais vivre en priorité ton site web sans pub, alors on peut entendre que ta présence sur FB serve à en attirer les membres vers un web dépollué.

La dépollution d’internet ne se fera pas toute seule, et l’omniprésence de FB comme autant de déchets publicitaires qui traînent un peu partout sur le web prouve qu’il y a du boulot, y compris et surtout sur le web fréquenté par celles et ceux qui revendiquent un esprit de révolte.

Les logos, les marques, le fichage publicitaire et policier (symptômes de systèmes publicitaire et policier), tout cela devient de plus en plus dangereux, toxique, nocif. Insupportable. Alors faites un geste pour l’environnement d’internet : dépolluez vos sites, dépolluez vos habitudes.